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#4 Comment vraiment lire votre fréquentation

Vous pensez regarder au bon endroit dans votre planning ?

Votre créneau de 18h est plein. Vous l'avez regardé ce matin, satisfait. Votre créneau de 10h a 2 inscrits. Vous pensez à le couper. Vous regardez votre taux de remplissage global. Il affiche 68%. Pas si mal.

Derrière ces chiffres, des situations et des diagnostics différents. Des problèmes distincts que beaucoup de gérants traitent comme un seul. C'est là que tout se complique.

Le chiffre qui fâche

Sur les données de plus de 200 salles proposant des cours Hyrox, on observe un truc paradoxal : un cours à 18h affiche en moyenne 89% de fréquentation. Excellent, non ?

Sauf que 62% des salles qui atteignent ce taux font moins de 12 000 € de CA par mois.

Autrement dit : avoir un créneau en heure de pointe blindé ne suffit pas. C'est une bonne nouvelle pour votre Instagram, pas forcément pour votre compte en banque.

La distinction souvent négligée

Rentabilité et fréquentation. Deux mots qu'on associe souvent. Deux réalités qui n'ont pourtant rien à voir.

La rentabilité d'un créneau, c'est une logique de coût. Est-ce que ce cours me rapporte plus qu'il ne me coûte ? Coach, charges fixes, revenu par participant. Rien d'autre.

La fréquentation, c'est une logique de croissance. Est-ce que ce créneau me permet d'accueillir de nouveaux adhérents, d'atteindre la capacité maximale de ma structure et donc de développer mon CA ?

Ce sont deux questions différentes. Elles appellent deux décisions différentes. Les confondre, c'est soigner la mauvaise maladie. Aujourd’hui on fait un focus sur la fréquentation.

Ce que ça change concrètement

On n'applique pas une logique de rentabilité pour piloter la fréquentation. C'est là que la plupart des gérants se plantent.

Un créneau de 7h30 avec 3 inscrits peut être "non rentable" au sens strict. Et pourtant, ce créneau fait peut-être signer des adhérents. Certains rejoignent votre salle spécifiquement parce que le 7h30 existe, même s'ils ne viennent qu'une fois par mois dessus. Supprimez-le, et vous perdez les fidèles du créneau et votre capacité à attirer ce profil.

La bonne question : "Ce créneau fait-il partie de mon offre stratégique ?" Pas : "Combien me coûte-t-il aujourd'hui ?". Si vous décidez qu'un créneau doit exister, donnez-lui 8 à 12 semaines avec des actions dédiées avant de trancher.

Les 4 paliers d'un planning qui tourne

Tous les créneaux ne méritent pas la même énergie au même moment. Et l'erreur la plus fréquente, c'est de s'acharner sur les créneaux creux avant même d'avoir stabilisé la base.

Il y a une grille simple pour lire la santé d'un planning :

1. D'abord : vos créneaux du soir (17h30 - 20h30)

C'est là que 80 à 90% de vos adhérents potentiels sont disponibles. Si ces créneaux ne tournent pas à 85-90% de façon stable sur plusieurs mois consécutifs, c'est là que vous concentrez votre énergie.

→ Avec ces créneaux remplis vous atteignez le point de rentabilité. La salle couvre ses charges. C'est le minimum vital, pas un objectif.

2. Ensuite : vos créneaux du midi (12h - 14h)

Pool plus réduit, mais réel. Les actifs en pause, les indépendants, les travailleurs à proximité. Une fois le soir stabilisé, c'est le prochain levier.

→ Là, vous dégagez de quoi payer une petite équipe. Vous passez de "ça tourne" à "ça tourne bien".

3. Puis : vos créneaux du matin (7h - 9h)

Niche plus petite encore, effort plus élevé. Mais des adhérents souvent très engagés, très fidèles. On s'y attaque quand les deux premiers paliers sont solides.

→ Optimisation du potentiel de la structure. Chaque mètre carré commence à vraiment s'amortir.

4. En dernier : les créneaux vraiment creux (10h, 15h...).

Dernier levier, pas parce que sans intérêt, mais parce que le pool disponible est très réduit. L'effort pour les remplir sera disproportionné si les bases ne sont pas là. C'est la cerise sur le gâteau, pas le fondement du bâtiment.

→ C'est le tour de force. Là vous avez un levier de croissance sans toucher à votre structure et à votre équipe.

Certaines salles sautent directement à l'étape 4 avant d'avoir stabilisé l'étape 1. C'est le raccourci qui coûte le plus cher en temps et en énergie.

Ce que vous pouvez faire cette semaine

1. Calibrez votre zone en premier.

Zone d'entreprises ou zone résidentielle, les créneaux porteurs ne sont pas aux mêmes heures. Appliquer la même grille horaire à ces deux typologies, c'est créer des cours fantômes à coup sûr.

En zone d'entreprises, le prime time commence dès 17h15-17h30. Vos adhérents sortent du bureau et viennent directement. Passé 19h30, la zone se vide. Le midi explose en revanche : format 45 minutes, ponctualité militaire. L'adhérent a 1h30 max pour sortir, transpirer, se doucher et manger.

En zone résidentielle, 18h30 et 19h30 sont vos créneaux en or. L'adhérent rentre chez lui avant de venir, il a besoin de ce temps de décompression. Le midi fonctionne différemment aussi : ces adhérents, souvent télétravailleurs, cherchent à voir du monde autant qu'à transpirer. Votre message : "Coupez votre journée. Voyez des gens. Repartez avec 100% d'énergie."

Pour les créneaux matin en zone résidentielle, ne négligez pas le 8h30-9h00. Les parents qui déposent les enfants à l'école sont une population très loyale, souvent oubliée dans les plannings.

2. Vérifiez vos créneaux du soir sur 6 mois consécutifs.

Pas sur une semaine record. Sont-ils à 85-90% de façon stable ?

3. Regardez vos waitlists avant vos créneaux vides.

Un créneau à 100% avec 5 personnes systématiquement en liste d'attente, c'est votre vrai signal pour dédoubler ce créneau immédiatement si vous en avez la possibilité.

4. Surveillez la variable coach.

Si un créneau baisse, c’est important de se demander si le créneau horaire est le bon. Mais savoir "quel coach est dessus ?" est aussi très important. Les adhérents regardent souvent (quand c’est noté) qui coache avant de réserver. Et être gérant c’est aussi être bon manager.

5. Ne coupez pas un créneau sous-rempli par réflexe.

Donnez-lui 8 à 12 semaines d'actions réelles avant de trancher. C'est une décision construite, pas un réflexe.

La fréquentation ne se pilote pas à l'aveugle. Ça demande de connaître sa zone, d'attaquer dans le bon ordre, et de se poser les bonnes questions avant de trancher. Une fois la logique en place, les créneaux vides arrêtent d'être des problèmes. Ils deviennent des indicateurs.

N’hésitez pas à nous solliciter si vous voulez qu’on discute ensemble de ces sujets, on est dispo.

À très vite,
L’équipe Peppy 🫶

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